OSIRIS et IRC : comprendre les certificats de jauge et optimiser la performance en régate

Pour pouvoir prendre le départ des régates en temps compensé, un bateau doit disposer d’un certificat de jauge reconnu par les organisateurs. Pour le Epsilon 3D Sailing Team, deux jauges sont au cœur du programme sportif : OSIRIS et IRC.
Derrière ces acronymes se cache un travail d’analyse rigoureux, mêlant technique, stratégie et connaissance fine du bateau.

Pourquoi un certificat de jauge ?

En régate en temps compensé, tous les bateaux ne sont pas égaux par nature. Différences de taille, de déplacement, de plan de voilure ou de technologie : autant de paramètres qui influencent directement la vitesse.
Les systèmes de jauge ont pour objectif de rééquilibrer les performances théoriques, afin que la victoire se joue avant tout sur la qualité de la navigation, des choix tactiques et de la préparation.

OSIRIS : une jauge accessible et évolutive

Le certificat OSIRIS est principalement utilisé pour les régates nationales et régionales. Il repose sur un coefficient attribué au bateau, exprimé sous la forme d’un nombre, qui permet de corriger le temps réel en temps compensé.

Les spécificités d’OSIRIS

  • Jauge relativement simple et lisible
  • Basée sur des données déclaratives (voiles, gréement, équipements)
  • Possibilité d’ajustements en fonction des résultats et de l’évolution du bateau

Pour le Epsilon 3D Sailing Team, OSIRIS représente une excellente base pour naviguer régulièrement en régate, tout en permettant d’adapter progressivement la configuration du bateau.

Optimiser son certificat OSIRIS

L’optimisation passe par une analyse précise de l’inventaire :

  • choix des voiles déclarées (nombre, type, surface),
  • configuration du gréement,
  • équipements embarqués.

Chaque élément peut avoir un impact sur le coefficient final. L’enjeu est de trouver le meilleur compromis entre performance réelle sur l’eau et pénalité de jauge, sans brider le potentiel du bateau.

IRC : une jauge internationale, plus fine et plus exigeante

Le certificat IRC est la référence pour de nombreuses régates nationales et internationales. Plus confidentielle dans ses calculs, cette jauge repose sur un rating unique (TCC), issu d’un ensemble de données techniques détaillées.

Les caractéristiques de l’IRC

  • Jauge plus fermée et plus complexe
  • Prise en compte fine des dimensions du bateau, du plan de voilure et du gréement
  • Forte influence des choix de configuration sur le rating final

En IRC, chaque décision technique compte. Le certificat est le reflet direct des choix de conception et d’équipement du bateau.

Les phases d’analyse en IRC

Pour le Epsilon 3D Sailing Team, la démarche IRC s’articule autour de plusieurs étapes :

  1. Analyse du potentiel du bateau selon les types de parcours et les conditions dominantes,
  2. Étude des surfaces de voiles (jibs, spis, voiles lourdes ou légères),
  3. Choix du gréement et des appendices déclarés,
  4. Simulation de l’impact de chaque option sur le rating.

L’objectif n’est pas d’avoir le rating le plus bas possible, mais un rating cohérent avec la performance réelle du bateau et le programme de course.

Trouver le bon équilibre entre OSIRIS et IRC

Naviguer sous deux jauges différentes implique de faire des choix stratégiques. Une configuration idéale en OSIRIS ne l’est pas forcément en IRC, et inversement.
Le travail du team consiste donc à :

  • comparer les effets des choix techniques dans chaque jauge,
  • identifier les compromis acceptables,
  • adapter la stratégie de course et l’inventaire de voiles selon les épreuves.

Cette réflexion fait pleinement partie de la performance globale : la préparation commence bien avant le départ, dès la déclaration du certificat.

Une approche globale de la performance

Pour le Epsilon 3D Sailing Team, les certificats OSIRIS et IRC ne sont pas de simples formalités administratives. Ils sont intégrés dans une démarche globale d’optimisation, au même titre que la préparation du bateau, l’entraînement de l’équipage ou la stratégie de course.
Comprendre la jauge, anticiper ses effets et faire des choix éclairés permet de tirer le meilleur du bateau et de se battre à armes égales sur les lignes de départ.

🔎 OSIRIS vs IRC : deux approches de la jauge en régate

CritèresOSIRISIRC
Type de jaugeNationale (France)Internationale
Objectif principalAccessibilité et équité en flotte hétérogènePerformance et précision
CoefficientCoefficient OSIRIS (temps compensé)TCC (Time Correction Coefficient)
ComplexitéSimple et lisiblePlus complexe et confidentielle
Données déclaréesInventaire de voiles, équipements, gréementDimensions précises, voilure, gréement, mât
ÉvolutionAjustable selon résultats et modificationsTrès sensible aux choix techniques
Public concernéRégatiers club et circuits régionauxRégates nationales et internationales
PhilosophieEncourager la participationOptimiser la performance pure

🧭 Deux stratégies, un même objectif

  • OSIRIS permet une approche progressive et pédagogique de la régate, idéale pour naviguer souvent et ajuster la configuration du bateau au fil de la saison.
  • IRC demande une réflexion plus poussée en amont, où chaque choix technique (voiles, gréement, configuration) doit être analysé en lien avec le programme sportif et les conditions de course.

Pour le Epsilon 3D Sailing Team, la maîtrise de ces deux jauges est un levier de performance à part entière. Savoir lire, comprendre et anticiper les effets d’un certificat permet d’aborder chaque régate avec une stratégie claire et cohérente.

Chantier d’hiver : une remise à niveau complète pour l’EPSILON 3D SAILING TEAM

La période hivernale est toujours un moment clé dans la vie d’un projet de course au large. Pour l’EPSILON 3D SAILING TEAM, cet hiver a été mis à profit pour mener un chantier d’envergure, avec un objectif clair : fiabiliser, optimiser et préparer le bateau pour les prochaines échéances sportives.

Une carène remise à neuf

Première étape majeure du chantier : la réfection complète de la carène. Après une inspection approfondie, des travaux de reprise de stratification ont été réalisés afin de corriger les zones sollicitées au fil des saisons.
Cette intervention permet non seulement de restaurer l’intégrité structurelle du bateau, mais aussi d’optimiser les performances hydrodynamiques. Une carène saine et parfaitement préparée est un facteur clé de vitesse et de fiabilité en navigation.

Reprise de stratification et fiabilisation structurelle

Les travaux de stratification ont permis de renforcer certaines zones sensibles du bateau, identifiées lors des navigations précédentes. Cette phase technique, essentielle mais souvent invisible, garantit une meilleure durabilité du support et une navigation plus sereine, quelles que soient les conditions rencontrées en mer.

Modernisation de l’électronique de bord

Le chantier d’hiver a également été l’occasion de procéder à une pose et une mise à jour de l’électronique. Les systèmes de navigation, de performance et de sécurité ont été installés ou optimisés afin d’offrir une lecture plus précise des données en mer.
Cette modernisation permettra à l’équipage de prendre des décisions plus fines et plus rapides, aussi bien en course qu’à l’entraînement.

Remplacement du gréement courant et dormant

Dans une logique de fiabilité maximale, le gréement courant et dormant a été entièrement remplacé. Cordages, manœuvres et éléments structurels ont été sélectionnés avec soin pour répondre aux exigences de performance, de sécurité et de longévité.
Ce renouvellement est un investissement essentiel pour aborder la saison à venir avec confiance, notamment dans des conditions engagées.

Anticipation des performances : nouvelles voiles en étude

Enfin, l’hiver a permis de se projeter sur la suite avec une étude approfondie pour la commande de nouvelles voiles, notamment un J2 et un spi de brise. Ces nouvelles voiles, pensées en cohérence avec le programme sportif et les caractéristiques du bateau, viendront compléter l’arsenal existant afin d’exploiter pleinement le potentiel du support sur un large éventail de conditions.

Cap sur la nouvelle saison

Ce chantier d’hiver marque une étape importante dans le développement de l’EPSILON 3D SAILING TEAM. Grâce à ces travaux, le bateau repart sur des bases solides, prêt à relever de nouveaux défis sportifs.
Toute l’équipe est désormais tournée vers la reprise des navigations et les prochaines compétitions, avec une motivation intacte et un bateau optimisé dans les moindres détails.

Rendez-vous très bientôt sur l’eau pour la suite de l’aventure !

🧭 Check-list avant de partir en régate : ne rien oublier quand on navigue en double

Partir en régate en double, c’est un équilibre subtil entre performance, sécurité et complicité. À deux seulement à bord, chaque manœuvre compte, chaque oubli se paye cher, et la préparation fait souvent la différence.
Voici la check-list essentielle pour aborder le départ sereinement, concentré sur ce qui compte : la course.


⚓ 1. Vérifications générales du bateau

Avant tout, un contrôle complet du bateau s’impose. Ce n’est pas le moment de découvrir une drisse abîmée ou un winch capricieux en pleine manœuvre !

Coque et appendices

  • Inspection visuelle de la coque, de la quille et du safran.
  • Vérification des anodes et des passages de coque.
  • Nettoyage de la carène

Gréement et accastillage

  • Tension du gréement mesurée et symétrie contrôlée.
  • Vérification des haubans, ridoirs, épissures et manilles.
  • Lubrification des winchs et des poulies.
  • Drisses, écoutes et bosses en bon état, lovées et prêtes à l’emploi.

Voiles

  • Inspection couture et œillets.
  • Ris et bandes de prise de ris en place.
  • Numéro de voile lisible et conforme à la jauge.

⛵ 2. Matériel de sécurité – indispensable et vérifié

Naviguer en double, c’est souvent repousser ses limites ; autant savoir que tout est prêt en cas d’imprévu.
Checkez ensemble, à deux, chaque point.

  • Gilets automatiques révisés (cartouche + pastille).
  • Harnais et longes fonctionnels.
  • Balises personnelles AIS + lampe flash.
  • Ligne de vie installée.
  • Radeau de survie révisé, emplacement connu et accessible.
  • Feux à main, fusées, trousse de secours complète.
  • VHF fixe + portable (batteries chargées).
  • GPS, tablette ou traceur avec cartes à jour.
  • Extincteurs vérifiés, pompe de cale fonctionnelle.

💡 Astuce : faites une « séance sécurité » la veille du départ : en 15 minutes, revoyez ensemble les gestes de base (homme à la mer, incendie, voie d’eau). C’est un excellent exercice de coordination.


⚙️ 3. Énergie, électronique et outils

Les pannes d’énergie sont l’ennemi n°1 des régatiers modernes. Vérifiez :

  • Batteries chargées et testées.
  • Multimètre, tournevis, ruban auto-fusion et scotch d’électricien à bord.
  • Ordinateur de bord, instruments, pilotes et capteurs opérationnels.
  • Balises et trackers connectés (et synchronisés !).

🧭 4. Navigation et météo

Rien de pire qu’un doute de route en pleine nuit…
Préparez votre navigation ensemble :

  • Routes pré-enregistrées et waypoints validés.
  • Météo détaillée à 72 h avec évolutions locales (vent, mer, grains).
  • Plan B défini (ports-refuge, zones d’abri).
  • Règles de course relues ; instructions particulières imprimées ou téléchargées.

🥾 5. Équipement personnel

À deux à bord, il faut être prêt à tout faire : barrer, manœuvrer, cuisiner, réparer, dormir…
Le confort devient un atout stratégique.

  • Vêtements de quart étanches et doublures thermiques.
  • Chaussures ou bottes antidérapantes.
  • Gants, bonnet, lunettes polarisantes.
  • Sac étanche personnel avec papiers, téléphone, batterie externe.
  • Nourriture préparée à l’avance, facilement accessible (poche à snack !).
  • Eau embarquée suffisante et repérée.
  • Sac de couchage compact ou polaire légère.

🧩 6. Répartition des rôles et routines

En double, la clé du succès, c’est la coordination.
Prenez un moment avant le départ pour définir clairement :

  • Les rôles pendant les manœuvres (envoi, affalage, spi, empannage).
  • Les quarts et temps de repos.
  • Les procédures de prise de décision rapide (météo, tactique, avarie).

💬 Petit conseil : le plus important, c’est la communication. Un mot de trop ou un silence au mauvais moment peuvent coûter cher. Mieux vaut parler trop que pas assez !


🏁 En résumé

Préparation = performance.
En double, la rigueur en amont permet la fluidité en mer.
Une check-list bien suivie, c’est la garantie de partir l’esprit clair, confiant et prêt à performer.

Bon vent, bonne régate, et que le meilleur duo gagne ! 🌬️⛵

Quels voiles et tissus choisir pour un programme croisière-régate ?

1. Comprendre les grandes familles de tissus

Deux grandes familles s’offrent à vous :

  • Tissés (ex : Dacron, Hydranet) : robustes, faciles à réparer, tolèrent l’humidité et les usages intensifs. Parfaits pour la croisière longue durée et les climats variés.
  • Laminés (ex : Mylar, Spectra/Dyneema, composites) : plus légers, plus performants, mais moins tolérants au vieillissement et plus sensibles à l’humidité ou aux pliages répétés.

2. Les tissus incontournables pour croisière-régate

Tissu/FibreAvantages principauxInconvénients/NotesUsage conseillé
Dacron (Polyester)Excellent rapport qualité/prix, durabilité, facile à entretenirS’étire avec le temps, profil moins stableCroisière, régate occasionnelle
Hydranet (Dacron + Spectra)Très grande longévité, excellente résistance UV et à l’humiditéPlus cher, collage parfois point faibleCroisière intensive, régate club
Pro RadialBon compromis poids/durabilité, bonne tenue de formeCoût intermédiaireCroisière performante, régate
Laminés (Mylar/PE, Spectra/Dyneema)Poids plume, très peu d’étirement, maintien du profilPlus fragile, durée de vie limitée, prixRégate, usage sportif intensif

3. Conseils d’experts pour bien choisir

  • Définir vos priorités : Performance pure ou robustesse ? Durabilité ou légèreté ?
  • Privilégier la polyvalence : Pour alterner croisière et régate, visez un tissu type Pro Radial ou Hydranet, qui allient tenue de forme et résistance.
  • Ne pas négliger la coupe : Une coupe triradiale ou orientée permet un meilleur contrôle du profil, essentiel en régate.
  • Prendre en compte l’entretien : Un tissu facile à réparer et résistant aux UV facilite la vie lors de longues croisières.

Source: Voilerie Granvillaise

4. Cas particuliers et options alternatives

  • Voiliers performants ou régatiers purs : Laminés haut de gamme (Spectra, Dyneema, carbone) pour un maximum de performances, au prix d’une usure plus rapide.
  • Grand voyage, tour du monde : Privilégier l’Hydranet ou les composites robustes pour la fiabilité et la résistance à l’humidité tropicale.
  • Budget serré : Un bon Dacron tissé haute ténacité, bien fini, reste une valeur sûre.

Quelques pros recommandent aussi de privilégier le soin apporté à la fabrication et au SAV du voilier plus que le tissu lui-même, car une voile bien coupée et bien assemblée vieillit toujours mieux4.


Pour bien démarrer :

  • Listez vos usages principaux (croisière, régate, mixte).
  • Demandez à votre voilerie un devis comparatif entre Dacron, Pro Radial et un laminé moderne.
  • Vérifiez la réputation du fabricant (qualité des finitions, SAV).
  • Pensez à l’entretien : stockez vos voiles au sec, évitez les plis marqués, rincez à l’eau douce après chaque sortie.

Lire et utiliser les polaires de vitesse pour progresser en régate

Lire et utiliser les polaires de vitesse pour progresser en régate

Lorsqu’on cherche à progresser en régate, la vitesse pure ne suffit pas : il faut aussi savoir analyser et exploiter les données de navigation. Parmi les outils incontournables, les polaires de vitesse se distinguent comme une référence pour optimiser les performances en voile.


Qu’est-ce qu’une polaire de vitesse en voile ?

Une polaire de vitesse est un graphique qui indique la vitesse théorique maximale d’un bateau selon :

  • l’angle du vent (près, travers, portant),
  • la force du vent (en nœuds).

Chaque courbe correspond à une intensité de vent et permet d’identifier les allures optimales pour naviguer le plus efficacement possible.

👉 Pour un équipage de régate, maîtriser ses polaires signifie avoir en permanence des vitesses cibles en tête et savoir si le bateau est exploité à son plein potentiel.

Voici un exemple de polaire de vitesse pour notre Dehler 29 GTE.


Comment lire une polaire de vitesse ?

  • Centre du graphique : le bateau, point de référence.
  • Axes : les angles de vent, du 0° (face au vent) au 180° (vent arrière).
  • Courbes : les vitesses théoriques pour chaque force de vent.

Exemple : à 15 nœuds de vent, la polaire montre la vitesse optimale au près serré, à savoir 6 noeuds. Si votre vitesse réelle est inférieure, cela indique qu’il faut optimiser vos réglages.


4 façons d’utiliser les polaires pour progresser en régate

  1. Optimiser les réglages de voile et de barre
    Comparez vos vitesses réelles aux vitesses cibles pour ajuster vos réglages en direct.
  2. Choisir la meilleure trajectoire
    Les polaires permettent de savoir s’il vaut mieux serrer le vent ou abattre légèrement pour maximiser la vitesse moyenne.
  3. Préparer efficacement vos régates
    Entraînez-vous avec vos polaires personnalisées (adaptées à votre bateau et voiles) pour améliorer vos performances en conditions réelles.
  4. Suivre et mesurer vos progrès
    Les écarts entre polaires théoriques et vitesse réelle permettent de quantifier vos améliorations au fil des entraînements.

Polaires et outils numériques pour la voile

Des logiciels comme Adrena, Expedition ou SailGrib permettent d’intégrer vos polaires directement à vos instruments de bord. Couplés aux données GPS, ils offrent une analyse en temps réel et facilitent la prise de décision tactique en régate.


Conclusion : un outil clé pour progresser en voile

Les polaires de vitesse ne sont pas de simples graphiques : ce sont de véritables boussoles de performance pour tout régatier. Bien utilisées, elles permettent de :

  • affiner ses réglages,
  • naviguer plus vite et plus efficacement,
  • progresser durablement en régate.

Chez Epsilon 3D Sailing Team, nous plaçons l’utilisation des polaires au cœur de notre stratégie d’entraînement et de compétition. Car en voile, la différence se joue souvent sur la capacité à exploiter chaque nœud de vitesse supplémentaire.

Navigation au près à bord de notre A31 en 2022.

Qui compose l’équipage d’Epsilon 3D Sailing Team ?

Portraits et rôles à bord

Epsilon 3D Sailing Team, c’est avant tout une aventure humaine portée par un duo passionné de voile. À bord, chacun a un rôle précis, mais c’est la complémentarité et la confiance mutuelle qui permettent de tirer le meilleur du bateau, surtout dans les conditions exigeantes de la course au large.


Aurélien – Barreur et stratège

À la barre, Aurélien donne la direction et imprime le rythme. Sensible au moindre souffle de vent, attentif aux réactions du bateau, il ajuste sans cesse la trajectoire pour transformer la stratégie en vitesse pure. Mais son rôle ne s’arrête pas là : il est aussi le stratège de l’équipage. Analyse météo, choix de route, anticipation des concurrents… il garde toujours un coup d’avance pour placer le duo dans la meilleure position possible.

Jean-Charles – Numéro 1 et manœuvres

À l’avant du bateau, Jean-Charles est l’homme des manœuvres. Envois et affalages de voiles, changements rapides, ajustements délicats dans le clapot : il intervient là où tout doit être précis, fluide et efficace. Sa polyvalence et son énergie sont indispensables pour que le bateau reste performant à chaque instant. Véritable acrobate de l’avant, il travaille en parfaite synchronisation avec Aurélien pour que la stratégie se traduise en vitesse réelle.


Un binôme complice

Naviguer en double, c’est plus qu’un simple partage des rôles : c’est un équilibre subtil entre confiance, endurance et complicité. À bord d’Epsilon 3D Sailing Team, Aurélien et Jean-Charles forment un tandem solide où chacun connaît ses responsabilités tout en étant capable de seconder l’autre à tout moment.

C’est cette cohésion, cette complémentarité et cette passion commune pour la voile qui animent le projet et donnent au bateau toute son énergie.

Comment bien régler un génois et un foc sur un Dehler 29 pour optimiser la vitesse ?

Le Dehler 29 est un voilier réputé pour son équilibre et sa polyvalence en croisière comme en régate. L’optimisation du trim des voiles d’avant — génois et focs — est essentielle pour tirer le meilleur parti de ses performances.

Voici quelques clés pratiques pour ajuster correctement vos voiles en fonction des conditions.


1. Position du chariot d’écoute

Le chariot d’écoute est l’outil principal de réglage du génois et du foc.

  • Trop avancé : la chute se ferme, le haut de la voile faseye, et le bas est surbordé → utile par mer formée pour donner de la puissance, mais risque de déventer la grand-voile.
  • Trop reculé : la chute s’ouvre, le haut travaille mais la bordure faseye → bon par vent fort pour aplatir et ouvrir la voile.
  • Réglage de base : la tension doit être homogène du point d’écoute à la chute, de manière à obtenir un profil régulier.

👉 Astuce : tracez une ligne imaginaire depuis l’écoute vers la mi-hauteur de la voile. Le chariot est bien placé si la tension est équilibrée en haut et en bas.


2. Tension de l’écoute

  • Brider fort : augmente la puissance mais réduit l’ouverture de la voile → idéal au près serré dans le petit temps.
  • Choquer légèrement : permet de mieux respirer et d’éviter le surbordage → indispensable dans la brise ou quand le bateau est trop gîté.

3. Réglage de la drisse

  • Sous tension : la voile présente des plis horizontaux, creux avancé, plus de puissance.
  • Sur tension : creux reculé, voile aplatie, adaptée au vent fort.

Sur un Dehler 29, une drisse de foc trop molle réduit fortement le cap, donc vérifiez qu’il n’y ait pas de plis parasites le long de la ralingue.


4. Le rôle du pataras et de la grand-voile

Même si le sujet est centré sur les voiles d’avant, il faut rappeler que leur rendement dépend du creux de la grand-voile.

  • En tendant le pataras, on aplatit le génois (via la quête du mât) et on ouvre la chute.
  • Le réglage d’interaction grand-voile / génois est crucial : évitez que le génois masque trop la grand-voile.

5. Adaptation aux conditions

  • Petit temps (≤ 8 nœuds) : chariot légèrement avancé, écoute tendue, drisse modérée.
  • Brise modérée (8–15 nœuds) : équilibre entre puissance et cap, chariot médian, écoute ajustée en continu.
  • Vent fort (15+ nœuds) : chariot reculé, drisse bien tendue, écoute choquée → chercher la vitesse plutôt que le cap pour garder le contrôle.

Jeu de voiles du Dehler 29 : polyvalence et performance

Le Dehler 29 est un voilier aussi plaisant en croisière rapide qu’efficace en régate. Son plan de voilure équilibré permet d’adapter la toile à un large éventail de conditions. Voici une présentation technique de notre jeu de voiles, pensé pour optimiser la performance au près comme au portant.


Grand-voile

La GV est la voile principale et reste le moteur du bateau.

  • Coupe : semi-lattée, avec un rond de chute généreux pour maximiser la puissance.
  • Réglages : le contrôle du creux (cunningham, hale-bas, bordure) est essentiel pour s’adapter rapidement aux variations de vent.
  • Réduction : 2 ris pour équilibrer avec les voiles d’avant.

Génois

Notre génois (environ 140 %) est utilisé jusqu’à 12–14 nœuds de vent réel.

  • Avantages : grande surface, excellent rendement dans le petit temps, facilite les relances.
  • Limite : devient vite trop puissant et déforme le profil au-delà de 15 nœuds.
  • Réglages clés : chariot d’écoute pour contrôler la puissance et l’ouverture de la chute.

J2

Le J2 (foc intermédiaire) est notre voile de transition.

  • Surface : autour de 105–110 % de recouvrement.
  • Utilisation : plage 12–18 nœuds, quand le génois est trop grand mais que le J3 serait encore trop petit.
  • Atout : permet de conserver un profil efficace au près sans perdre trop de puissance.

J3

Le J3 est le foc de brise, idéal entre 18 et 25 nœuds.

  • Surface : foc non recouvrant (100 % ou moins).
  • Coupe : plat, souvent en tissu plus raide (Dacron haut de gamme ou laminé) pour résister aux efforts.
  • Atout : stabilité et cap au près, le bateau reste équilibré avec 1 ris dans la GV.

J4

Le J4, ou foc de tempête, est taillé pour le gros temps (> 30 nœuds).

  • Surface réduite : environ 25–30 % de la surface du triangle avant.
  • Matériaux : tissu très lourd, couture renforcée.
  • Rôle : assurer un minimum de puissance tout en gardant le bateau manœuvrant et en sécurité.

Spi symétrique

Le spi symétrique (tissu léger, 0.75 oz ) est dédié aux allures portantes par vent faible à modéré (jusqu’à 15/20nœuds).

  • Surface : environ 65 m² pour le Dehler 29.
  • Utilisation : parfait pour exploiter la moindre risée au portant et offrir de belles vitesses dans le petit temps.
  • Manœuvre : nécessite tangon et équipage bien coordonné.

Projet : spi symétrique lourd

Nous envisageons d’ajouter un spi lourd (1,5 oz).

  • Plage de vent : 20 à 27 nœuds au portant.
  • Avantages : plus robuste, moins fragile aux surventes et aux phases de surf.
  • Intérêt : indispensable en régate côtière ou en croisière engagée, quand on veut continuer à exploiter le vent arrière sans risque de déchirer le spi léger.

Avec ce jeu de voiles – GV, génois, J2, J3, J4, spi léger et bientôt spi lourd – le Dehler 29 dispose d’un arsenal complet pour naviguer efficacement de 3 à plus de 30 nœuds de vent réel. Cette modularité permet non seulement d’optimiser les performances en régate, mais aussi de sécuriser la navigation au large en croisière rapide.