Pour pouvoir prendre le départ des régates en temps compensé, un bateau doit disposer d’un certificat de jauge reconnu par les organisateurs. Pour le Epsilon 3D Sailing Team, deux jauges sont au cœur du programme sportif : OSIRIS et IRC.
Derrière ces acronymes se cache un travail d’analyse rigoureux, mêlant technique, stratégie et connaissance fine du bateau.
Pourquoi un certificat de jauge ?
En régate en temps compensé, tous les bateaux ne sont pas égaux par nature. Différences de taille, de déplacement, de plan de voilure ou de technologie : autant de paramètres qui influencent directement la vitesse.
Les systèmes de jauge ont pour objectif de rééquilibrer les performances théoriques, afin que la victoire se joue avant tout sur la qualité de la navigation, des choix tactiques et de la préparation.
OSIRIS : une jauge accessible et évolutive
Le certificat OSIRIS est principalement utilisé pour les régates nationales et régionales. Il repose sur un coefficient attribué au bateau, exprimé sous la forme d’un nombre, qui permet de corriger le temps réel en temps compensé.
Les spécificités d’OSIRIS
- Jauge relativement simple et lisible
- Basée sur des données déclaratives (voiles, gréement, équipements)
- Possibilité d’ajustements en fonction des résultats et de l’évolution du bateau
Pour le Epsilon 3D Sailing Team, OSIRIS représente une excellente base pour naviguer régulièrement en régate, tout en permettant d’adapter progressivement la configuration du bateau.
Optimiser son certificat OSIRIS
L’optimisation passe par une analyse précise de l’inventaire :
- choix des voiles déclarées (nombre, type, surface),
- configuration du gréement,
- équipements embarqués.
Chaque élément peut avoir un impact sur le coefficient final. L’enjeu est de trouver le meilleur compromis entre performance réelle sur l’eau et pénalité de jauge, sans brider le potentiel du bateau.
IRC : une jauge internationale, plus fine et plus exigeante
Le certificat IRC est la référence pour de nombreuses régates nationales et internationales. Plus confidentielle dans ses calculs, cette jauge repose sur un rating unique (TCC), issu d’un ensemble de données techniques détaillées.
Les caractéristiques de l’IRC
- Jauge plus fermée et plus complexe
- Prise en compte fine des dimensions du bateau, du plan de voilure et du gréement
- Forte influence des choix de configuration sur le rating final
En IRC, chaque décision technique compte. Le certificat est le reflet direct des choix de conception et d’équipement du bateau.
Les phases d’analyse en IRC
Pour le Epsilon 3D Sailing Team, la démarche IRC s’articule autour de plusieurs étapes :
- Analyse du potentiel du bateau selon les types de parcours et les conditions dominantes,
- Étude des surfaces de voiles (jibs, spis, voiles lourdes ou légères),
- Choix du gréement et des appendices déclarés,
- Simulation de l’impact de chaque option sur le rating.
L’objectif n’est pas d’avoir le rating le plus bas possible, mais un rating cohérent avec la performance réelle du bateau et le programme de course.
Trouver le bon équilibre entre OSIRIS et IRC
Naviguer sous deux jauges différentes implique de faire des choix stratégiques. Une configuration idéale en OSIRIS ne l’est pas forcément en IRC, et inversement.
Le travail du team consiste donc à :
- comparer les effets des choix techniques dans chaque jauge,
- identifier les compromis acceptables,
- adapter la stratégie de course et l’inventaire de voiles selon les épreuves.
Cette réflexion fait pleinement partie de la performance globale : la préparation commence bien avant le départ, dès la déclaration du certificat.
Une approche globale de la performance
Pour le Epsilon 3D Sailing Team, les certificats OSIRIS et IRC ne sont pas de simples formalités administratives. Ils sont intégrés dans une démarche globale d’optimisation, au même titre que la préparation du bateau, l’entraînement de l’équipage ou la stratégie de course.
Comprendre la jauge, anticiper ses effets et faire des choix éclairés permet de tirer le meilleur du bateau et de se battre à armes égales sur les lignes de départ.
🔎 OSIRIS vs IRC : deux approches de la jauge en régate
| Critères | OSIRIS | IRC |
|---|---|---|
| Type de jauge | Nationale (France) | Internationale |
| Objectif principal | Accessibilité et équité en flotte hétérogène | Performance et précision |
| Coefficient | Coefficient OSIRIS (temps compensé) | TCC (Time Correction Coefficient) |
| Complexité | Simple et lisible | Plus complexe et confidentielle |
| Données déclarées | Inventaire de voiles, équipements, gréement | Dimensions précises, voilure, gréement, mât |
| Évolution | Ajustable selon résultats et modifications | Très sensible aux choix techniques |
| Public concerné | Régatiers club et circuits régionaux | Régates nationales et internationales |
| Philosophie | Encourager la participation | Optimiser la performance pure |
🧭 Deux stratégies, un même objectif
- OSIRIS permet une approche progressive et pédagogique de la régate, idéale pour naviguer souvent et ajuster la configuration du bateau au fil de la saison.
- IRC demande une réflexion plus poussée en amont, où chaque choix technique (voiles, gréement, configuration) doit être analysé en lien avec le programme sportif et les conditions de course.
Pour le Epsilon 3D Sailing Team, la maîtrise de ces deux jauges est un levier de performance à part entière. Savoir lire, comprendre et anticiper les effets d’un certificat permet d’aborder chaque régate avec une stratégie claire et cohérente.


